Quand Mérimée va commencer à s'intéresser aux restes de l'antiquité et du moyen âge en France, beaucoup de destructions ont déjà eu lieu, pour diverses raisons qu'il va décrire dans le récit de son premier voyage en tant qu'Inspecteur des Monuments Historiques : Notes d'un voyage dans le midi de la France (1835).

Les monuments antiques et médiévaux ont été détériorés par :

    - les pillages. Mérimée le rappelle, en parlant de ce qu'il a vu à Autun : " le pavé en mosaïque […] a été fort détérioré par les protestants du baron des Adrets, qui le bouleversèrent en 1562, pour y chercher des trésors qu'ils y croyaient enfouis. "

La situation en France au début du XIXe siècle

 - les guerres de religions et la révolution française : selon Mérimée, à l'époque de la révolution, "on a fait la guerre à toutes les figures humaines".

    - la réutilisation des pierres des monuments, des lieux. Mérimée souligne que "c'est depuis un temps immémorial que l'on fait du neuf avec du vieux". Il observe aussi, à propos de la ville d'Autun, que "le temple de Janus est maintenant au milieu d'un champ de pommes de terres appartenant à un particulier".

    - le manque d'intérêt des propriétaires pour l'antiquité, à qui la loi donne tous les droits sur leurs biens : Mérimée constate qu'à Nevers "on va démolir cette belle porte, ainsi que le reste de l'église. C'est une propriété particulière, on ne peut s'y opposer." Il ajoute ailleurs que "un propriétaire qui connaîtrait ses droits, et qui aurait besoin de matériaux, ne se ferait pas scrupule d'achever l'œuvre d'Attila et de Rollon."

A l'époque de Mérimée, l'idée que ces destructions doivent cesser se développe. Victor Hugo, par exemple, va s'opposer aux destructions.
 

théâtre antique d'Arles